Appel : AU NOM DE NOS DROITS
Climate Bridges

Préambule

L’Appel que nous rendons public aujourd’hui, 10 décembre 2015, journée Internationale des Droits de l’Homme, jour de remise du Prix Nobel de la Paix à une initiative de dialogue de la société civile tunisienne, cet Appel ne se veut en aucune manière une pétition de plus. Son but, c’est de susciter un engagement actif de la part des citoyens comme des organisations ou des institutions. En premier lieu, chaque personne désireuse d’adhérer à cette démarche doit dire – d’une manière ou d’une autre – pourquoi. Chaque organisation présente à nos côtés s’apprête à dire comment elle entend apporter sa pierre à ce qui ne peut être qu’un édifice commun.

APPEL : « AU NOM DE NOS DROITS »

En ce jour, 10 décembre, où, chaque année, à travers le monde, on célèbre l’idée des Droits de l’Homme et certainement pas leur réalité,

Alors que la COP21 s’achève et qu’une autre COP se profile déjà, nous sommes convaincus que, dans la lutte contre le Réchauffement Climatique, un tournant, en tous points vital, doit maintenant avoir lieu.

Le temps des intérêts privés,  des chantages diplomatiques, des marchandages financiers, des hésitations criminelles,  n’a plus lieu d’être.  Vient maintenant celui, répété, des avertissements de le communauté scientifique ;  comme celui aussi des forces vives de la société civile , que celle-ci agisse depuis des territoires de proximité ou qu’elle pense à refonder le monde.

Après une longue bataille, la notion de Justice Climatique a fini par l’emporter récemment. Mais on voit bien comment, du Commerce aux transactions financières,  du Terrorisme à la nature de la réponse qui lui est faite, d’autres enjeux, d’autres négociations, d’autres phénomènes, pourraient, d’une manière ou d’une autre, mettre à mal le combat  contre le Réchauffement Climatique et même ses acquis.

La seule parade envisageable, aujourd’hui, la seule manière d’aller de l’avant, c’est de reconnaître que le développement humain est un droit qui a la même importance que les libertés civiles et politiques ou que les droits économiques, sociaux et culturels. Notre liberté, notre citoyenneté, sont étroitement liés à développement humain durable et juste. 

Malmenée par ses propres signataires - les États-, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme nous apparaît ici et maintenant  comme un des leviers disponibles à même de faire en sorte que chaque femme, chaque homme, chaque génération, se sente personnellement interpellé et encouragé à agir  quant au devenir d’une planète Terre-Mère qui nous porte tous. Et que chacun, dans son for intérieur, se sente le Droit d’interpeller ces élus et ces décideurs qui  profitent de huis clos pour  s’enfermer dans une indécision fatale.

Nous appelons à entamer une réflexion qui conduise à faire du développement durable un droit universel.

Rédigé par Patrice Barrat, le 4 décembre 2015

LIGUE DES DROITS DE L’HOMME
10 décembre - 14H00 à 16H00
138 rue Marcadet, 75018 Paris France

As the transition takes place between COP21 and COP22, between France and Morocco, how can this Appeal place human rights at the heart of the debate and global governance, and help unite global civil society, international institutions, public authorities, the private-sector also? This not just ensure that everyone feels challenged and engaged in the fight against Climate Change, but also so the climate of fear create by war and terrorism doesn't undermine the achievements that centuries of struggle that led to democracy and citizen participation.

Participants

A short presentation of the “In The Name Of Our Rights” Appeal, a summary of the event held earlier in the day at la Ligue des Droits de l’Homme, specifically for media organizations unable to attend it.

  • Patrice Barrat (Bridge Initiative International)
  • Pierre Peyrot (Bridge Initiative International)
  • Driss El Yazami (CNDH President, COP22)
  • Mohamed Ghatas (Forum des Alternatives)
  • Sami Tahri (UGTT, Tunisian Quartet for National Dialogue)
  • Cindy Wiesner (tbc) (Grassroots Global Justice Alliance)
  • Michel Tubiana (video) (President of the Euro-Mediterranean Network of Human Rights)
  • Christophe Aguiton (Coalition Climat, COP21)
  • Nicola Bullard (tbc) (Ex CCFD - Focus on Global South)
  • Kamel Jendoubi (by videoconference) Moroccan Minister in charge of relations with the Constitutional Bodies and Civil Society
  • Hindu Oumarou-Ibrahim (tbc) (Climate Action Network)

PRESS BRIEFING à la COP21-LE BOURGET
10 décembre - 18H15-18H45
Espace Génération Climat
COP21 Le Bourget

Participants

  • Patrice Barrat (Bridge Initiative International)
  • Driss El Yazami (CNDH President, COP22)
  • Michel Tubiana (video) (President of the Euro-Mediterranean Network of Human Rights)
  • Joseph Amon (Human Rights Watch)
  • Sébastien Duyck (tbc) (CAN)

UN CLIMAT CLAIR-OBSCUR
Par Patrice Barrat
Fondateur et Délégué Général
Bridge Initiative International

Le 10 décembre 2015 ;

NOTRE PETIT CONTEXTE : UN DÉMARRAGE TIMIDE

Si, avec Pierre Peyrot, une amitié commencée à l'intérieur du Siège de Sarajevo, à l'automne 1993, et nourrie par son extrême bienveillance et sa sérénité face à toutes les épreuves que nous avons eu à traverser, nous nous adressons à vous seulement au matin même de notre premier véritable accomplissement depuis 2009, en ce 10 décembre 2015,  c'est tout simplement parce que nous avons terminé cette nuit la mise en place de ces deux conférences de presse que nous allons pouvoir tenir, pas seuls mais bien entourés au beau milieu de la COP21 et de bien d'autres éléments de contexte à Paris et en ce monde...

Même tardif, cet accomplissement n'est peut-être pas rien.

Osons d’abord parler d’argent : sans aucun soutien financier de qui que ce soit (sauf de l'entité FACT de Juliette Timsit il y a 3 ans pour payer les charges sociales de BI qui trainaient), nous avons eu la faiblesse de croire en des promesses – 30 000 euros - faites en mai dernier par le Ministère Français de l'Ecologie et du Développement Durable et annulées par simple courrier à trois jours de l'ouverture de la COP21. Ceci alors même que ce ministère nous avait demandé de partir à New York en éclaireur sur le front d'une médiation informelle possible en marge de la négociation officielle et de travailler en ce sens jusqu'à la COP21 – pardon, nous avons malgré tout gagné une labélisation officielle. Grâce à la FPH (Fondation pour le Progrès de L'Homme) qui a nous a prêté son beau lieu, nous avons pu organiser une très belle réunion du projet "CLIMATE BRIDGES" tout au long du 28 novembre dernier à Paris près de la Bastille.

UNE RÉUNION REFONDATRICE LE 28 NOVEMBRE 2015 À PARIS

Revigorés, encouragés par la participation active ce jour là, nous avons pu en quelques jours:

  • rédiger un Appel apparemment fédérateur - AU NOM DE NOS DROITS- dans le but de contribuer à mettre les Droits de l'Homme ( désormais remis  en Débat par d'autres et nous) au centre de l'Espace Public et, oui cela semble-t-il, grâce au Souffle que certains parviennent à trouver dans ou à redonner à la Société Civile,  au coeur même de la Gouvernance Globale.
  • Ce n'est pas une mince affaire. Nous le savons tous, les Droits de l'Homme ont tendance à passer à la trappe de tous les Pouvoirs dès lors justement qu'une menace pèse sur eux.

LE BAFOUEMENT DES DROITS DE L’HOMME AU SEIN DE LA DIPLOMATIE INTERNATIONALE

Pire que cela, au coeur des négociations sur le Climat, certains n'ont pas l'air d'être favorables à leur évocation. D'après ce qu'on nous dit de l'intérieur des  discussions officielles, l'administration d'Obama est contre, la Commission Européenne est contre aussi et va même jusqu'à s'opposer à la Présidence d'Hollande qui vient pourtant de se prononcer lamentablement en faveur d'un très fameux "Droit à l'Humanité" proposé par par la fragile Corinne Lepage, se privant ainsi de tout levier juridique signifiant rattaché aux acquis de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ou du Développement Humain, à tout le corpus juridique bâti au fil des décennies depuis la Seconde Guerre Mondiale par les agences des Nations Unies ou encore par la Cour Pénale Internationale où l'on aimerait maintenant voir défiler tous ces Criminels de Guerre aux Mains Propres reconnus pourtant publiquement et scientifiquement responsables de Crimes contre l'Humanité de la Nature et contre la Vie même d'au moins des centaines de Millions d'Habitants de notre pauvre Planète.

Y-a-t'il un gouvernement des pays riches, des pays membres du Conseil de Sécurité, qui se soit prononcé pour telle comparution, telle mutation sociétale et juridique ?

UNE CONNIVENCE PAS ASSEZ COUPABLE

Cette connivence indiscutable entre pouvoir politique, pouvoir économique, pouvoir médiatique, pouvoir d'influence sur la décision ultime comme sur l'opinion de tout un chacun au fin fond d'un isolement souhaité et voulu par les Puissants pour mieux contrôler les masses, les domestiquer et continuer de faire un profit éhonté sur leurs dos, cette connivence est connue, elle a été mille fois exposée. Où et quand nous permettra-t-on d'en faire le point central de l'examen de l'état de la Planète, de l'avenir de l'Humanité? Est-il possible bâtir une solution quelle qu'elle soit, une approche durable justement, transparente et positive, où chaque acteur des gouvernantes locale et globale, en laissant leur place légitime aux territoires véritables -ceux des Résistances formidables, ceux des Nations, non pas au sens du Nationalisme fermé et raciste que l'on a laissé prospérer, comme interdits, comme imbéciles, ou même comme manoeuvriers. mais d'un ciment (parmi d'autres) de culture, de pratique, de conviction rassembleuses ?

"AU NOM DE NOS DROITS",
"IN THE NAME OF OUR RIGHTS"

C'est dans ce contexte, absolument terrible, que nous avons pensé il y a une semaine, cet Appel que vous lirez ici: " AU NOM DE NOS DROITS", " IN THE NAME OF OUR RIGHTS" et qui, on le verra aujourd'hui, commence à fédérer la plupart des réseaux de Droits de l'Homme à travers le monde, bon nombre d'autres réseaux qui à partir des réalités vécues par les plus pauvres à travers la Planète ont imaginé il y a quelques années que la seule préoccupation environnementale ne saurait répondre au Défi posé, qu'il y avait lieu de faire valoir la notion de Justice Climatique si l'on voulait comprendre et traiter ces questions majeures (dont celle, existentielle des réfugiés) qui sinon, ne le serait pas ailleurs.. Les Objectifs du Millénaire proclamés pompeusement en l'an 2000, ceux qui viennent d'être définis à l'ONU, sont bien sûr utiles.

LE TOURNANT RATÉ DU MILLÉNAIRE

Mais parmi les espoirs formulés lors du tournant du Millénaire, il y a celui de la Réforme du Système Multilatéral, de l'examen lucide de cette Gouvernance Globale qui a toléré, permis, voire renforcer la primauté du financier sur l'économique et le social, du Profit à tout prix sur les Droits justement, même sur les nouveaux Droits qui s'affirmaient pourtant pour telle ou telle minorité, pour les Femmes, pour désigner de manière dynamique l'Économique et le Social.

Y-a-t-il aujourd'hui un endroit, un lieu, un processus durable où nos chers gouvernants travaillent sérieusement, séparément ou ensemble, à cet Enjeu central ou crucial? Quelque chose qui permettrait d'ailleurs de pouvoir dire aux Jeunesses déshérités de la Planète :" Regardez, il n'y a pas de complot puisque tout ce qui a pu vous indigner, est enfin mis sur la Table  ". Alors, il faudrait non pas décréter un système  "meilleur"  mais plein de rustines qui prévaudrait demain.

AU SOMMET DU SOMMET DES NATIONS UNIES, LA SOCIÉTÉ CIVILE A EU SON MOT À DIRE

Avec l'Espace Public qui existe désormais,  avec les périls qui nous guettent, avec la Démocratie qui se délité, si l'on n'associe pas les jeunesses du monde à la construction de son Monde à venir, il y a peu de chances que quelque chose de bien émerge de cette phase - que l'on ne veut pas ultime- que nous vivons. A ce propos, il est impossible de ne pas citer aujourd'hui une formidable phrase du philosophe et théoricien marxiste, Antonio Gramsci elle-même citée en de nombreux occasions par l'infatigable militant Gus Massiah: “ Le Vieux Monde se Meurt, le Nouveau Tarde à Apparaître et, dans ce Clair-Obscur, Naissent les Monstres”.

De toute évidence, tout se passe comme si cette phrase avait été prononcée un jour pour designer la période sombre que nous traversons tous aujourd’hui. Mais pour tout vous dire, la première où j’ai entendu Gus s’en emparer pour convaincre ses interlocuteurs, c’était en mars 2005, à New York .

A travers l’association Bridge Initiative International que j’avais fondée en réalité en 2001 et légalement seulement en 2004, le Secrétariat Général des Nations Unies avait accepté une discussion stratégique avec les nouvelles voix de la Société Civile mondiale qui avaient émergé en 1999, à Seattle, lors d’un Sommet de l’OMC, puis en Janvier 2001, avec le tout premier Forum Social Mondial, à Porto Alegre, qui avait surgi face au par trop fréquenté Forum Economique Mondial de Davos. Nous avions pu faire venir à New York depuis les différents continents une douzaine de représentants d’organisations qui travaillaient sur différents thèmes.

A la dernière minute, le jour même, tout a failli être annulé car les ONGs dûment accréditées à l’ONU( dans le milieu, on dit parfois les « Gatekeepers » ou les ONGs « Croupions ») furieuses de cette nouvelle voie qui s’ouvrait sans leur contrôle ( mais, je tiens à le préciser, avec leur participation souhaitée) voulaient empêcher notre réunion au 38 ème étage de l’ONU, là où normalement l’on ne va pas si l’on fait partie de la Société Civile. L’enjeu était une question stratégique : était-il possible que la Société Civile critique cesse d’attaquer vivement l’ONU, Prise en sandwich avec de l’autre côté avec l’administration de Bush ? Si oui, que réclamait au Secrétariat Général de l’ONU cette Société Civile Critique ?

UN ACCORD STRATÉGIQUE A EU LIEU

Eh bien, je peux vous dire clairement qu’il y a eu accord ce jour-là :

  • OPEN UN, le Forum de la Société Civile, que Bridge Initiative avait imaginé peu de temps auparavant comme une réponse aux pressions américaines et chinoises d’empêcher toute participation des ONG au Sommet du Millénaire, a bien eu lieu. 400 organisations, des gouvernements, des institutions internationales, des personnalités, présentes pendant trois jours dans cette Eglise de Riverside Church à partir du 13 septembre, en parallèle au Sommet Officiel.
  • Une multitude de discussions, de débats entre représentants de l’Onu et de la Société Civile eurent lieu dans les mois et les années qui ont suivi. Et le Pacte de Non- Agression scellé ce jour là a été respecté.

Mais il y a des regrets :

  • Un « RAPPORT CITOYEN SUR LA DÉMOCRATIE GLOBALE » était censé émaner de la société civile comme un long processus comparable à une démarche voisine en prélude profond au Sommet de Rio sur l’Environnement.
  • Je voudrais tristement attester ici du fait que souvent les leaders de la société civile sont davantage soucieux de contrôler que de partager, de financer que de faire, de parader que d’écouter. Au bout d’un an et six réunions, j’ai préféré arrêter ce chantier qui, si vite, avait perdu le sens énoncé collectivement quelques mois plus tôt.

IL Y A, TOUT DE SUITE, DES CHANCES A SAISIR

Si j’en parle aujourd’hui, c’est pour éviter que ne se reproduise pareil phénomène de lettre morte. L’Appel «  AU NOM DE DROITS » a réellement pour vocation d’être un processus d’écoute, du bas vers le haut, où ce qui compte, ce n’est pas la quantité rassemblée mais la qualité de l’engagement formulé de telle ou telle manière par tout un chacun, quelque que soit sa culture ou son appartenance sociale.

La chance que nous avons dans ce malheur sidérant, c’est qu’il y a deux sociétés civiles au moins vibrantes sur la planète, deux sociétés civiles à même d’entrainer à la fois leur propre pouvoir politique, et en vagues successives la société civile mondiale et les institutions internationales. Il s’agit d’ailleurs de deux sociétés sociétés arabes, tunisienne- démultipliée ce jour même par la remise du Prix Nobel de la Paix à son Dialogue National- et marocaine – celle-là même qui, accueillant en novembre 2016, la COP22 à Marrakech, a la lourde charge d’y amener la société civile mondiale en ordre de marche dans un contexte aggravé.

Une autre chance, c’est que les Droits de l’Homme parlent au cœur et à l’esprit de chaque citoyenne et citoyen et que les organisations, les réseaux qui essaient de veiller , de les défendre et de les protéger, sont bien moins que d’autres dans des querelles meurtrières et fratricides. Elles sont donc capables de coopérer, elles le font déjà autour de notre Appel et Driss El Yazami, le président du Conseil National des Droits de l’Homme du Maroc, a déjà prévu de toutes les réunir.

Pendant plusieurs jours en février 2016 à Rabat. Et nous serons à ses côtés.

Les réseaux focalisés sur l’Environnement et sur cette notion de Justice Climatique ont déjà pu , quant à eux, pour la Conférence de Paris , formé une coalition efficace.

Il est donc possible très bientôt de fédérer ces forces pour que l’année 2016, celle où les Nations Unies vont changer de Secrétaire Général, où les Candidates (puisque ce sera une femme,) vont faire campagne et bâtir leur programme « électoral » en consultant des forces extérieures comme la Société Civile qui aurait le vent en poupe.

TRISTE VUE DE PARIS

Evidemment, vu de Paris, c’est un peu triste, ces querelles intestines entre Royal et Fabius, Hidalgo et Royal – ce ne sont pas des rumeurs elle sont profondes et graves. Et lorsque le Président de la République annonce publiquement au beau milieu de la COP21 l’adoption d’une idée de Corinne Lepage de se soucier désormais du Droit à l’Humanité, en délaissant non seulement le langage mais les acquis juridique péniblement construits de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, j’avoue qu’avec la meilleure volonté du monde, les bras et les espoirs m’en tombent !

Ah j’allais oublier le bon vieux Gramsci.

Nous sommes donc au 38 ème étage de l’ONU, à New York. Toute l’équipe de Kofi Annan est là, sauf lui.

Après deux heures de discussion, Gustave Massiah sort sa métaphore à toute épreuve :

« The Old World is Dying, the New One is Slow to Appear and, in this Semi-Darkness, Monsters Loom »

En face, on rigole, on éclate même de rire, Gus semble s’offusquer, nous tous qui n’habitons pas là aussi.

Et puis, quand il a repris ses esprits et abandonné le rire, Robert Orr, sémillant directeur de la Stratégie des Nations Unies, qui semblait sortir tout droit de la Cuisse des Kennedy, parvient à dire : « Non, non, attendez, ce n’est pas du tout ce que vous croyez. Voilà, en fait, ce qui se passe, c’est qu’on n’a jamais prononcé le nom d’Antonio Gramsci ici, en tout cas, pas à cet étage des Nations Unies. Alors vous comprenez »

Quant à vous, j’espère que vous comprendrez que le temps d’un Appel d’Air est peut-être venu. Sinon, il ne nous restera plus que nos larmes – pas de rire – pour pleurer.

Patrice Barrat